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Les grandes étapes de la vie du lin 

Les origines du lin sont lointaines. Les premières traces remontent à 8000 ans avant J.C.La culture du lin est particulièrement délicate. En effet, planté au printemps, le lin pousse en « 100 jours ». Ce court cycle de vie rend difficile tout rattrapage en cas d'incident (mauvaise levée, conditions climatiques défavorables). Le lin doit pousser suffisamment pour avoir un rendement satisfaisant, mais pas trop sinon il est trop fin. Plus il grandit, plus il devient sensible à la verse. Parfois, pour limiter la croissance et favoriser la solidité des fibres, on utilise des produits chimiques appelés « régulateurs ».

Le lin, ayant une racine pivot, doit être planté dans une terre finement préparée. Cette préparation de terre, suivie du semis, nécessite des conditions climatiques optimales et un réel savoir-faire de la part de l'agriculteur : une erreur peut compromettre toute la récolte.

Par ailleurs, le lin est une plante exigeante pour les terres, d'autant plus que toute la plante, racine comprise, est récoltée, exportant des champs beaucoup de matières organiques. Les rotations de lin doivent donc être très lentes, au minimum 5 à 6 ans entre deux cultures sur une même parcelle. 

Itinéraire technique :
Le liniculteur choisit la variété de lin textile suivant ses caractéristiques et les particularités de ses parcelles.
En fonction des conditions climatiques, les semis ont lieu entre le 1er mars et le 15 avril. Cent vingt kilos de semences certifiées sont alors semés par hectare pour obtenir un peuplement d’environ 1 800 plantes au mètre carré. Cette densité assure le meilleur rapport entre le rendement, la résistance à la verse et les qualités de fibres. 

Le lin est une culture qui demande peu d’engrais et peu de produits phytosanitaires. À ce titre sa culture contribue pleinement à la préservation de l’environnement.Son cycle végétatif est rapide et s'étend sur une centaine de jours seulement.
Six semaines après les semis, le lin a déjà une hauteur de 10 à 15 cm. Capable d’une croissance de plusieurs centimètres par jour dans des conditions optimales, la plante atteint alors 70 à 80 cm en une quinzaine de jours. Cette période correspond à l’élongation des fibres et au remplissage des cellules fibreuses.

 

  

La floraison

     
La floraison intervient aux environs du 15 juin, les champs se parent alors d’une subtile couleur bleue pendant à peu près une semaine, les fleurs s'ouvrent entre 10h et 13h (phénomène de thermonastie). Les fibres ont alors atteint leur longueur maximale. Les capsules contenant les graines vont se former au cours des quinze jours qui suivent la floraison.La récolte commence vers le 15 juillet, les lins, trop difficiles à couper, vont d’abord être arrachés, ce qui préserve les fibres les plus longues qui se prolongent au niveau du collet et des racines, puis déposés au sol sous forme d’andains, par les arracheuses. La « longueur technique » de la tige désigne la partie entre le collet et celle d'où commencent les ramifications.Après l’arrachage, les lins vont être écapsulés. Les écapsuleuses-batteuses vont reprendre les andains afin de récupérer les graines. Après avoir été triées et traitées, ces graines serviront de semences pour l’année suivante, ou seront exploitées (huile, aliment...).   En fonction des conditions climatiques, des caractéristiques des lins semés et des parcelles, les lins vont rester au sol entre deux semaines et deux mois, pour l'étape du rouissage. Favorisée par l’alternance de la pluie et du soleil, une action enzymatique dégrade les pectines qui lient les fibres à la paille. Les liniculteurs vont alors retourner les pailles en cours de rouissage pour obtenir un résultat homogène.   À la fin du rouissage, lorsque les pailles sont suffisamment sèches, elles vont être enroulées puis elles seront entreposées chez le liniculteur, avant leur passage au teillage pour séparer mécaniquement les pailles et les fibres. La transformation de la plante en fibres respecte l’environnement : contrairement aux fibres artificielles telles la viscose, elle n’a besoin ni d’énergie ni de solvant pour la transformation en fibres. Le rouissage, procédé naturel destiné à favoriser l’extraction des fibres, consiste à laisser le lin dans le champ, pour bénéficier d'un juste dosage de pluie et de soleil ; le lin a ainsi des "crus" en fonction du climat, et des nuances propres à chaque terroir. Suit le teillage, dernière étape avant le peignage, puis la filature. 

 

Rouissage

À maturité le lin est arraché, et non pas fauché, puis couché dans le champ en andains. Commence alors la période du rouissage. 

Le rouissage est la dissociation des parties fibreuses de la plante par élimination de la pectose qui soude les fibres (filasse) à la partie ligneuse, par l'action combinée du soleil et de la pluie. Le rouissage nécessite suffisamment d'eau pour que la sève et les résines qui collent les fibres entre elles disparaissent, mais pas trop pour que les fibres demeurent intactes. 

Le rouissage est une opération très importante de la production de lin. C'est lui qui détermine en grande partie la qualité du lin. Il existe plusieurs techniques de rouissage.

Traditionnellement, en Belgique et en France, le rouissage s'effectuait en rivière, où l'on faisait tremper les bottes, ce qui donnait à l'eau une couleur rousse et une odeur nauséabonde, provoquées par la décomposition bactérienne ; cette technique a été interdite par l'Union Européenne pour des raisons environnementales.

Le rouissage à l'eau en cuve, quant à lui, a quasiment disparu depuis les années 1980. Le rouissage à l'eau donnait une toile plus blanche et un résultat moins aléatoire que le rouissage à l'air (sur le champ).

Pour l'anecdote, dans l'Oise, on rouissait le lin dans des bassins creusés dans le sol, qui s'appelaient en patois "Poc à Lin" (Poche à lin). Ce nom est à l'origine de celui de Poclain, célèbre constructeur aujourd'hui disparu, de pelleteuses hydrauliques au Plessis-Belleville.

On est alors revenu à la technique la plus simple, le rouissage sur le champ, où le lin est étendu sur le sol pendant plusieurs semaines.

Mais, elle est tributaire du temps qu'il fait. Si le lin est trop roui, il doit être obligatoirement brûlé dans le champ, car les fibres pourrissent difficilement et lentement, et favorisent ainsi l'éclosion de maladies pour la culture suivante. Si le lin n'est pas assez roui, il n'est pas teillable, et donc invendable. 

Le vent est à la fois un ennemi et un allié du lin lors du rouissage. Quand il souffle trop fort, le lin est emporté vers l'extrémité du champ, mais il est nécessaire au séchage, et c'est l'alternance des périodes de "sec" et d'humidité qui favorise un bon rouissage.

Toutes ces difficultés font que la production de lin est limitée à certaines régions, et est très hétérogène d'une parcelle à l'autre (un orage localisé suffit pour altérer la qualité). Comme pour le vin, on parle souvent de cru et de terroir pour le lin.

La forte probabilité d'une mauvaise récolte, on parle en effet d'une bonne récolte tous les dix ans, voire la possibilité de tout perdre font du lin une culture peu intéressante d'un point de vue purement économique. Par contre, le lin est une tête de culture qui procure une terre de meilleure qualité pour les récoltes de plantes plus faciles. 

 

Teillage

L'étape suivante est le teillage. Le teillage est la séparation des fibres du bois de la plante. Le mot vient de tilleul, le teil, instrument manuel à levier utilisé pour briser le bois et extraire les fibres.   Lors du teillage, les graines de lin sont récupérées, puis la tige est battue pour enlever le bois. Les morceaux de bois récupérés sont appelés les « anas ». Les fibres ainsi récupérées sont séparées en fibres longues et en fibres courtes (les « étoupes »).   Après la récolte les pailles de lin sont travaillées tout au long de l’année dans les usines de teillage. Cette première transformation de la paille a pour but d’extraire les fibres des tiges rouies.   Arrivées à l’usine, les pailles sont déroulées et étalées sous forme d’une nappe. Le travail de l’opérateur est très important pour obtenir une nappe bien régulière, dont la densité est d’environ 2 kg par mètre linéaire.   Les tiges passent dans un égaliseur pour être organisées en parallèle. Lors de l’étirage, l’épaisseur de la nappe diminue progressivement par le passage entre des disques dentés. et sa vitesse de progression est multipliée par huit.   Les pailles sont ensuite broyées par des cylindres cannelés, à grosses dentures au début puis à fines dentures par la suite. Elles passent sous les cannelures des rouleaux avec un angle proche de 90°, pour rendre le broyage plus efficace.   Cette opération se fait alternativement du côté pied, le bas de la tige, et du côté tête, le haut de la tige. Les fragments de pailles, appelés anas, sont récupérés par aspiration.   Lors de l’écangage, les fibres sont nettoyées par des tambours, munis de lames de faible épaisseur. Elles frottent les tiges à une vitesse proche de 200 tr/min. Cette vitesse est adaptée en fonction des caractéristiques de chaque lot de paille. L’opération est effectuée successivement du côté pied et du côté tête. Les fibres courtes, ou étoupes, moins résistantes, sont récupérées par aspiration sous la teilleuse. Le restant des anas est décollé en même temps.   En bout de ligne, les opérateurs font un tri afin d’homogénéiser les lots. Le lin teillé, ou à fibres longues, est conditionné en balles ou en rouleaux d’environ 100 kg. Ces fibres longues représentent 20 à 25 % de la plante. Un hectare de lin produit en moyenne entre 1 200 et 1 400 kg de lin teillé. Les anas et les étoupes sont ensuite séparés par un secoueur.  

 

Peignage 

Le peignage est la seconde transformation du lin. C’est la préparation du lin teillé pour pouvoir être filé. Les faisceaux de fibres vont être divisés et mis en parallèle.L’opérateur forme une nappe à partir du lin teillé. Celle-ci doit être la plus régulière possible pour que le peignage soit réalisé dans de bonnes conditions.

Les peignes sont garnis d’aiguilles de plus en plus fines, et sont supportés par des tabliers rotatifs.Les fibres vont être divisées de plus en plus finement au cours de leur progression.Le peignage des pieds est réalisé en premier, puis dans un deuxième temps, celui des têtes.À la sortie de la peigneuse, les fibres sont présentées en poignées par l’action du séparateur, qui intervient entre le travail des pieds et celui des têtes.Une pince les saisit et les dépose de manière à ce qu’elles se chevauchent sur une étaleuse.Des barres munies de pointes appelées gills permettent de maintenir les fibres parallèles, et de contrôler leur masse pendant qu’elles sont étirées par un rouleau en bois.Un ruban de lin peigné est ainsi formé.

Les pots de ruban pressé, aussi appelés bumps, d’une longueur de six cents mètres à un kilomètre, selon les spécifications des clients, sont identifiés et conditionnés pour être expédiés vers les filatures.

 

 

  

Utilisations

Les fibres peuvent être ensuite cardées, peignées et mises en ruban. Les caractéristiques techniques de la fibre de lin sont assez exceptionnelles. Le lin peut absorber beaucoup d'eau. C'est une fibre très résistante et très fine. Elle a l'avantage, par rapport à ses concurrentes synthétiques, de ne pas souffrir des rayons du soleil.   Les fibres longues, la partie la plus noble, deviennent la toile de lin, utilisée pour la confection de luxe. Mais le lin est défavorisé car sa filature nécessite des machines pour fibres longues, plus rares, et plus coûteuses, que les machines pour fibres courtes, comme celles du coton et de la laine.   Il existe néanmoins des procédés pour couper les fibres en morceaux de quelques centimètres pour les traiter sur les métiers à tisser le coton. Les fibres courtes, ou « étoupes », étaient valorisées en papier ou en ficelle.   De nouveaux débouchés techniques sont apparus, tirant parti des qualités du lin. Ainsi on trouve, selon leur qualité, des étoupes de lin dans le rembourrage de sièges (le lin absorbe la transpiration), ou comme charge dans les moulages du plastique, pour améliorer sa solidité, en remplacement de la fibre de verre (dans les pare-chocs d'automobiles, par exemple).   Des applications nouvelles, en non-tissé, apparaissent dans la fabrication de membranes respirantes pour les bâtiments, des écrans de sous-toiture, ou des "house-wrapping".   Les "anas", ou "paillettes de lin", qui représentent 50 % de la plante seront valorisés dans la fabrication de panneaux en aggloméré, ou en litière pour chevaux et animaux domestiques (toujours pour les capacités d'absorption du lin), ainsi qu'en tant que couvre-sol en horticulture, ou comme matière isolante.   Le lin est riche en acide alpha-linolénique (ALA), et constitue la plus importante source végétale d'oméga-3. L'huile, ou les graines de lin peuvent intervenir dans l'alimentation humaine. Les graines servent également pour l'alimentation animale, et enrichissent ainsi la viande, le lait ou les œufs en oméga-3.   Elles contiennent aussi des lignanes, composés phénoliques, dont certains comme le lignane principal du lin, le SDG, sont des phytoestrogènes "faibles" qui font que le lin  est vendu comme alicament.   Son huile est également utilisée dans la fabrication des peintures. L'huile de lin est également utilisée pour fabriquer le linoléum, revêtement de sol très répandu, isolant, et facile à entretenir. De nouvelles utilisations voient le jour dans l'industrie nautique où il commence à être utilisé en substitution de la fibre de verre pour produire des matériaux composites plus respectueux de notre environnement.  

 

Exploitation du lin

   

Le lin textile est principalement exploité pour sa fibre textile. Cependant, les pailles et les graines trouvent d’autres débouchés.   Ainsi avec un hectares de lin textile on peut produire :  500 jupes  200 costumes  50 draps  200 nappes  300 m² de tissu mural  1 000 panneaux de portière   A partir des anas  350 m² de paillage horticole ou 2 600 kg de litière pour chevaux ou 370 m² de panneaux agglomérés   Lorsqu’elles ne sont pas utilisées comme semences, les graines fournissent :  100 litres d’huiles de lin pour peinture ou vernis  200 kg d’aliments du bétail   Les graines de lin contiennent des Oméga 3.  Ces derniers diminuent le taux de maladies cardiovasculaires.   Vos apports d’oméga 3 peuvent provenir de la consommation directe de graines de lin ou bien de la consommation de viandes ou de produits animaux d’animaux élevés au tourteaux de lin.   Le tissu de lin est un bon régulateur thermique, à la fois isolant en hiver et respirant l’été. Il est anallergique et antibactérien. Ses propriétés en font un tissu très agréable pour la peau.   De nombreux travaux ont permis d’améliorer sa défroissabilité.  C’est un tissu très solide, il ne se déforme pas et ne peluche pas. Il s’adoucit et s’assouplit au fil des lavages.  

 

Visite & exposition

DOUDEVILLE CAPITALE DU LIN VISITE & EXPOSITION   S'adresser à l'office du tourisme     A FONTAINE-LE-DUN Grand marché du lin !   Une cinquantaine d’exposants proposent tissus modernes et anciens, prêt-à-porter de création ou revente, mercerie, accessoires de broderie, dentelle et patchwork. A ANGIENS Art Textile, exposition collective    Unis par une même passion pour le textile, les fibres, le fil ou le vêtement, les artistes rassemblés ici construisent chacun un univers singulier. Tapisserie, dentelle, couture, tissage, patchwork, teinture, sculpture : les techniques classiques sont alors mises au service de l’imaginaire et d’une histoire personnelle qui nous est offerte. Oeuvres de : Marie-Thérèse Bonniol, Sandrine Costil, Claude Cornu, Aude Franjou, Elisabeth Gevrey, Marie Goussé.   A SOTTEVILLE SUR MER Innovation textile par Daniel Henry   On connaît surtout la toile de lin au noble froissé si caractéristique. Le créateur textile et styliste belge Daniel Henry la retravaille en l’enduisant, la brossant, ou l’aiguilletant. Il utilise également la mèche de lin (étape intermédiaire du filage) épaisse, moelleuse et lisse qu’il retord avec du fil de lin ou explore le mariage du lin et des autres fi bres et l’assemblage de fils de couleurs différentes. L’exposition nous présente ses prototypes et réalisations sous forme de tissus et vêtements.   A LA GAILLARDE Concours ”Lin et Transparence”, expositions organisées par France Patchwork. Forte de près de 15 000 adhérentes, cette association nationale leur a proposé de concourir en utilisant les lins transparents ou présentant des zones de transparence. Elle nous présente également les travaux de ses délégations normandes.                                                                                                            Qu’il s’agisse de tissage sur métier vertical à pesons, de teinture à la feuille de tanin ou de tressage de galons, André Lhoer (musée de Berck-sur-Mer) et Clémence Chevauchée (musée d’Étaples-sur-Mer) nous convient à découvrir des techniques anciennes en nous initiant. Prévoir 75 minutes pour l’atelier teinture, 2 heures pour le tressage.
A SAINT-PIERRE-LE-VIEUX  des oeuvres textiles européennes intègrant un ou plusieurs carrés brodés par les femmes du village de Laghmani.
A SAINT-PIERRE-LE-VIGER Un festival sous le signe de la Lituanie   S’il y a un tissu emblématique en Lituanie, c’est bien le lin dont il est un des premiers producteurs mondiaux. Avec ses dérivés, il représentent en effet près de 9% de ses exportations. Aujourd’hui, la mode lituanienne continue à l’utiliser, en s’autorisant toutes les libertés notamment pour des tenues légères ou décontractées.  

A SAINT-AUBIN-SUR-MER                                                                                                            CRÉAFIL rassemble 40 brodeuses de Seine-Maritime Association connue pour ses expositions soignée la dernière en date, Couleurs du Temps, a accueilli plus de 6 000 visiteurs à Varengeville.